mercredi 8 février 2017

Quand le partage favorise le civisme !


« Tout le monde peut être important, car tout le monde peut servir à quelque chose ! »
Martin Luther King

C’est l’histoire d’un petit bout de papier qui tombe d’une poche et qui n’est pas ramassé par son propriétaire parce que celui-ci n’est plus connecté à son voisin, à la personne d’entretien ou à son espace de vie. 

Lorsque j’étais en cours de latin, j’avais appris que "civis" (racine du mot civisme) voulait dire : l’ensemble des personnes vivant sous le même toit. Je comprenais donc que le civisme était une affaire proximité. Depuis cette époque, la maison a bien changé puisqu’aujourd’hui le civisme désigne le respect de la légalité, des conventions, de l’identité et de la dignité d’autrui, de la collectivité, dans des rapports pacifiques de cohabitation. Cela concerne donc tout autant le jet de détritus, la déclaration fiscale, la courtoisie ou la conduite routière. Constitué d’une multitude de subtilités, question de ressenti, non mesurable, le civisme est très difficile à quantifier avec fiabilité. D’ailleurs je vous invite à taper sur un moteur de recherche la simple expression « statistiques civisme » pour constater qu’il n’existe pas de rapport global sur le civisme. Malgré l’absence de chiffres, l’écho de notre époque nous dit que l’incivisme gagne du terrain. Il faut donc l’entendre et agir. Mais d’abord, quelles sont les raisons de l’incivisme ? 

L’incivisme est une impuissance

Le civisme s’épanoui dans un cadre, avec des règles partagées et une communauté qui sait vivre ensemble et se respecte. Alors facile ? Pas tant que cela. 
L’incivisme nait de plusieurs manières. Lorsque les individus perdent le lien qui les unis à la société et donc à ses règles de vie. La marginalisation et le sentiment d’exclusion sont les directes conséquences de ce lien brisé. Et bien souvent, sont marginalisés ceux qui n'en possèdent pas. À l’inverse, ceux qui en possèdent, se réalisent au travers de leurs biens. Le dernier iPhone, la belle maison, les beaux vêtements vous permettent de vous intégrer plus facilement dans un groupe. Et aujourd’hui, pour faire simple, plus personne ne sait comment re-créer un pont entre ceux qui détiennent et ceux qui ne détiennent pas. L’état y aurait bien un rôle à jouer pour redonner droits, possessions, dignité, soutient mais son action est en crise et lui même ne sais plus comment se positionner, il s’embourbe.
Pour couronner le tout, l’apathie citoyenne dans laquelle nous vivons affaiblit tout : le poids de la communauté, le vivre ensemble, notre qualité de vie. Qui autour de vous est encore convaincu qu’il peut influencer les événements qui se déroulent autour de lui ? C’est dramatique. Nous nous sentons tellement impuissants. Donc nous baissons les bras les uns après les autres et paf : on en arrive au chacun pour soi puisque de toute façon les politiques font bien ce qu’ils veulent, quand ils veulent. Et bim l’incivisme grandit. 
Et il doit bien y avoir d’autres facteurs mais les deux qui nous interpellent et sur lesquels nous pensons qu’il faut se remobiliser, c’est notre vision de la société qui exclu ceux qui ne possèdent pas et notre sentiment d’impuissance à faire bouger les lignes.


Solution #1 : Expliquer le vivre ensemble 

Avez-vous déjà pesté, lorsque vous vous êtes retrouvé bloqué dans des bouchons en ville parce qu’une voiture était garée en double file ? Certainement ! Mais est-ce qu’un jour dans votre vie, vous avez trouvé indispensable de stationner en double file pour une banale urgence ? Sans doute. L’homme est ainsi fait, il est tiraillé entre sa conscience sociale et son égoïsme. Il doit donc sans cesse arbitrer mais pour y arriver : il a besoin de repères, de principes et de règles. Vivre ensemble s’apprend donc. Bonne nouvelle !

Solution #2 : Créer un autre modèle de société 

L’incivisme n’est pas une fatalité. L’autre solution à ce problème est d’appuyer la transition de nos lieux de vie vers des modèles où posséder n’est plus la priorité, où le partage prend le pas et où l’on crée la brique de solidarité, d’entraide et de coopération qui manque. Actuellement des initiatives se donnent pour mission de réapprendre à la population à renouer le contact avec son prochain et son lieu de vie. L’économie collaborative prend part à cette démarche, en inventant de nouveaux outils qui redonnent la capacité d’agir et fortifient le lien social. L’une des illustrations de ce mouvement est la start-up malouine Smiile qui met à disposition des collectivités et des acteurs de l’habitat, des outils afin que les habitants d’un quartier prennent des initiatives de solidarité et d’entraide et faire sien le lieu où ils résident.

À bien y réfléchir, lorsqu’une personne considère, en se ré-appropriant via le partage, les espaces dans lesquels elle vit, la petite voix l’invitant à ramasser le papier tombé de sa poche devient plus audible. Finalement, lorsque nous partageons un trajet, des outils ou un coup de main avec son voisin, il est plus aisé de l’aider à nouveau pour porter son nouveau canapé ou prendre un café avec lui pour rompre une monotonie. William Shakespeare disait « Qui veut élever en un instant une flamme puissante commence par l'allumer avec de faibles brins de paille. ». Ce sont donc ces bouts de rien qui libèrent les énergies, qui font que notre voisinage est plaisant. Si l’incivisme est aussi la pathétique conséquence de vouloir exister, nous devons donner à l’autre les moyens d’être quelqu’un, d’être utile.

Brisons ce cercle vicieux par l’économie positive & libératrice. Celle où chacun participe avec ce qu’il a : du temps, des compétences, des objets, de la main d’œuvre etc. Ce que je possède ne doit plus être la seule clé d’entrée dans la société. Il est temps d’apprendre tous ensemble à nous ré-approprier notre territoire et de participer à une construction collective pour construire les habitudes de la démocratie et donc du civisme.

mardi 7 février 2017

Avec la RBR 2020 : L’habitat voit la vie en vert

Dans l’immobilier, il y a le charme de l’ancien, ses moulures, son parquet à chevron, demain nous pourrons aussi compter sur l’intelligence et la rentabilité du nouveau. Qui l’eut cru il y a 40 ans, qu’un immeuble rapporterait autrement qu’avec une plus-value à la revente ?



Tout a commencé par l’adoption de l’arrêté du 3 mai 2007 du label Bâtiments à Basse Consommation (BBC 2005) qui est sans doute considéré comme l’acte essentiel dans la fondation d’un nouvel habitat ayant pris conscience de sa responsabilité environnementale. Pour mémoire le principe de base de cette norme est la sobriété énergétique, soit pour les logements neufs une consommation inférieure à 50 kWhep/m2/an. Depuis le législateur a régulièrement effectué des mises à jour.

Avoir le souci de bâtir des structures à basse consommation énergétique c’est bien, mais est-ce suffisant ? Est-ce répondre complètement à une logique de développement durable qui fait converger trois principes : social, économique et écologique. 
Certes, cela permet de prendre soin du porte monnaie des habitants, mais ne peut-on pas aller plus loin dans la démarche sanitaire et environnementale ? Raisonner globalement au delà de l’aspect pécuniaire ? Se donner les moyens de faire évoluer le bâtiment au gré des évolutions de la ville, du quartier et des besoins des occupants ? Trois fois OUI ! L’activisme de la société civile n’est donc pas vain, puisque sous son influence, la Réglementation Bâtiment Responsable 2020 (RBR 2020) s’apprête à être mise en place. Alors qu’est-ce donc cette nouvelle norme, ce nouveau sigle, cette nouvelle opportunité de créer du mieux vivre ?

La RBR 2020 déclinera quelques principes fondamentaux :

  • Accentuer l’efficacité énergétique des bâtiments.
  • Considération de l’isolation phonique.
  • Construction à faible impact carbone : favorisation des circuits courts d’approvisionnement de matériaux, choix de l’implantation, arbitrage en fonction de la production de CO2 entre la construction ou la rénovation, utilisation accrue des matériaux et isolants écologiques : fibres de bois, fibres de chanvre, ouate de cellulose, etc.
  • Suppression d’utilisation de matériaux portant atteinte à la santé des habitants : solvants toxiques présents dans les peintures et les colles, matériaux contenant des Composés Organiques Volatiles (COV).
  • Immeuble à minima alimenté en énergies renouvelables ou producteur d’énergie ou auto-consommateur.
  • Construction de bâtiments modulables.

La RBR 2020 sera donc une approche holistique puisqu’elle ne considérera plus seulement la performance énergétique du bâtiment, mais dorénavant elle prendra en compte d’autres valeurs nécessaires et inexploitées de l’habitat comme la dimension carbone, la santé environnementale, la biodiversité, les circuits courts, la valeur verte et réellement économique du bien. Les bénéfices sont donc multiples : pécuniaire, sanitaire, écologique. La filière immobilière doit donc de nouveau repenser ses procédés de conception. Ceci va demander du temps, des efforts, mais les acteurs du bâtiment nous ont déjà tellement fait la démonstration de leur imagination, de leur intelligence et de leur ingéniosité que nous pouvons regarder l’avenir sous des auspices radieux et continuer sur la voie de la transition écologique grâce à leur précieuse contribution.

Rêvons un peu : à quand une loi pour renforcer l’impact social & sociétal de nos habitations ?